Nos évènements

Août 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Le ministère de la communication et ONU Femmes ont organisé le 27 mars, un atelier de restitution des principaux résultats d’une étude chiffrée sur la situation socio-professionnelle et la visibilité des femmes dans les médias en Algérie. Cette étude qui s’inscrit dans le programme « renforcement de l’effectivité de l’égalité entre les hommes et les femmes en Algérie » soutenue par le gouvernement de la Belgique, s’est étendue sur 05 mois et a notamment associé différents organes de presse écrite, de médias audiovisuels (publics et privés) et de journalistes.

Elle propose des résultats chiffrés, reposant sur une approche genre, du secteur de la communication en abordant deux grands axes d’analyse :la situation socioprofessionnelle des femmes au sein du ministère de la communication et au sein des medias, le degré de visibilité des femmes journalistes, ainsi que celui de la sensibilité au genre de la production médiatique (issue d’une observation des programmes audio-visuels et de la production de la presse écrite). En termes de situation professionnelle des femmes dans le secteur, les résultats de l’étude révèlent qu’au sein du ministère de la communication, les femmes représentent plus de la moitié des personnels avec 50%, plus des deux tiers des cadres, et plus du tiers des cadres supérieurs. Dans les médias, le poids des femmes journalistes dans les effectifs représente, largement, plus du double du taux national de femmes dans la population employée. Et ce quel que soit le média : presse écrite ou audiovisuelle, public ou privé. Elles sont même majoritaires dans certains organes audiovisuels publics, radios et télévisions. Dans la presse écrite, elles représentent globalement plus du tiers des journalistes que ce soit dans les effectifs de la presse papier ou ceux de la presse électronique. Cependant si elles sont assez bien représentées dans les postes à responsabilité, elles ne le sont que très faiblement aux postes de décision. En terme de visibilité,  les femmes investissent de nouvelles rubriques tant dans l’audiovisuel que dans la presse écrite et le nombre de femmes auteures d’articles avoisine aujourd’hui les 40%, (37% presse arabophone/44% presse francophone). Mais en termes de visibilité (sujets traités sur des thématiques liés aux femmes), en dehors des événements particuliers liés aux femmes (8 mars par exemple), leur visibilité est assez faible.

Le ministre de la communication Hamid Grine a relevé dans son allocution d’ouverture   « les avancées remarquables réalisées par la femme durant les 15 dernières années en matière de promotion de ses droits» et s’il constate que «dans le secteur de la communication une bonne partie du personnel est constituée de femmes,  il reconnaît  que les postes de décision restent encore dominés par les hommes», mais que pour lui, l’accès des femmes aux postes de décision dans les médias n’est qu’une «question de temps ». Le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies en Algérie,  Eric Overest, a quant  à lui, rappelé que « la place des femmes dans les médias est l’un des 12 domaines critiques du programme d’action de la conférence de Beijing, durant laquelle les Etats ont convenu que le nombre de femmes présentes dans les médias devait augmenter, notamment à des postes décisionnels » et espère que « cette étude contribuera à renforcer ’l’intégration de la question genre par les responsables du secteur, mais aussi par les journalistes dans le travail quotidien ». Pour Mme Leila Rhiwi, représentante régionale Maghreb d’ONU Femmes, qui souligne l’importance du rôle des médias « dans le façonnement des opinions, des attitudes et même des comportements »,  la promotion des valeurs d’égalité dans les médias passe aussi nécessairement   par « la réduction dans le discours et les images médiatiques des stéréotypes sexistes et autres facteurs de discrimination », tout en rappelant « le rôle fondamental que peuvent jouer les autorités de régulation en la matière ».

La présentation des résultats de cette étude, s’est déroulée au centre international des conférences devant une assemblée de responsables d’organes de presse, de télévisions et de la radio, de journalistes, de responsables du secteur, des partenaires du programme mais également de chercheurs et universitaires. Les débats ont notamment confirmé la nécessité de réaliser (notamment dans le cadre universitaire), une étude plus approfondie sur les stéréotypes dominants et récurrents diffusés dans les programmes.                       

Dans le cadre du programme mené en partenariat avec ONU femmes, le ministère de la communication, est également engagé dans un processus de sensibilisation des journalistes à la question du genre et de l’égalité entre les sexes en Algérie a travers un cycle d’ateliers, déjà démarré en 2016, et qui se poursuivra tout au long de  l’année 2017.